La soirée se passait plutôt bien, je buvais tranquillou dans mon coin un cocktail Carlos (*) tout en reluquant les zouzes.

Puis, elle s'est mise en tête de venir me faire la conversation. Elle s'appelait Anne.

Au début, je ne comprenais pas spécialement pourquoi elle était venue me voir. Un joli minois, de grands yeux de biches, un sourire franc, radieux et des supers nichons.

Normalement, ce genre de physique envoie les poulettes frayer avecles grands fauves et non pas se compromettre avec un vieux baltringue miteux de seconde zone.

Et puis, j'ai vite entravé. C'est parce que c'était juste une énorme casse couilles que tout le monde, y compris le clebs du videur, avait déjà envoyé paître. Ne s'arrêtant de parler d'elle que pour te permettre de lui poser une autre question sur elle. Enfilant les perles comme le péthomane lache les siennes. Enonçant des lieux communs avec la gravité d'un trou noir dont nulle lumière ne viendrait jamais éclairer la conversation. Son discours pouvait se résumer à "Je trouve que le bien c'est bien, le mal c'est mal. Et puis, je suis super riche"

A un moment, elle me causait d'écologie, je sais plus trop en quels termes mais ça devait être du genre comme quoi elle était trop fan, qu'elle faisait trop attention à bien éteindre les veilleuses de son 4x4, qu'elle avait arrêté les steaks d'ours blancs et que les ballades en forêt c'était son kiff absolu du retour à la nature.

Du coup, j'ai profité d'un moment d'innatention de sa part (elle a respiré) pour placer d'un air innocent : "Ben ouais, trop moi aussi j'aime les forêts. D'ailleurs, je ne connais pas de sensations plus douce que celle de me promener sous les pins parasols de l'immense propriété de mes parents."
- Tu as ta propre forêt ? demanda-t-elle alors d’un ton mi surpris, mi dubitatif.
- Ouaip, mademoiselle. J'ai une grosse pinède Anne. Ca t’intéresse ?

La morale de cette histoire, c'est que des fois même les connes comprennent des jeux de mots foireux.

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(*) Recette du cocktail Carlos

 

Dans un verre, mettre une dose de jus de papaye. Se mettre un coup de marteau sur le doigt.

Renouveler l’opération trois fois.

 

Dans le même verre, mettre une dose de lait. Renouveler l’opération.

 

Le cocktail Carlos est prêt :

Papaye, ouille !

Papaye, ouille !

Papaye, ouille !

Papaye, ouille !

Lait.

Lait.