Chers Goliopathes de tous horizons,
après le fastidieux choix de votre tenue de carnaval
quotidienne, la mise au point de votre coiffure sophistiquée qui, en fin de
compte, ressemblera à mon fion après un torchage négligent, l’envoi d’un demi
milliers d’indispensables SMS aux autres membres du troupeau, la lecture de
leurs pertinentes réponses et autres activités vaines dont vous seuls semblez
détenir la profondeur, j’ai bien conscience qu’il ne vous reste pas des masses
de temps de cerveau disponible pour répondre à ma sollicitation.
Et pourtant, si vous disposez ne serait-ce que d’une vague
émanation de compassion, vous ne saurez pas ignorer la requête d’un pauvre
bougre désorienté devant votre comportement. Exactement comme vous pouvez
l’être devant une phrase de plus de cinq mots. Surtout s’ils sont bien
orthographiés.
Que vous décidiez de faire la fête en plein milieu de
semaine à partir de 2h30 du matin, musique à fond et fenêtres ouvertes afin que
tout le voisinage profite de la qualité de vos basses, inversement
proportionnelle à celle du gloubiboulga sonore dont vous abreuvez vos
esgourdes, passe encore. Après tout, il est de notoriété publique que vous êtes
de fieffés connards incapables de respecter qui ou quoi que ce soit hormis
votre droit inaliénable à vous évader quelques temps de vos sinistres vies de
nuisibles pathétiques.
Non, ce qui m’échappe vraiment c’est comment vos cerveaux
malades en arrivent-ils systématiquement à associer les termes
« fête» et « hurler comme des
macaques affamés devant un inatteignable régime de bananes.»
Déjà, dans les temps reculés où j’allais faire la chouille, j’étais frappé de stupeur devant le spectacle affligeant de mes congénères males ou femelles hurlant des « Youhous », « Wahou » ou autres « BoumBoum tchakalakalaka boum boum » à tour de rôle parce que « c’est la fête ! »
Et aujourd’hui, rien n’a changé. Il semblerait même que le phénomène se soit amplifié si j’en juge l’autre nuit durant laquelle j’ai cru que des voisins avait organisé une séance de fermeture de porte sur couilles.
Pourtant, je vous jure que vous vous trompez, vous êtes dans l’erreur : en aucun cas vos brames ne sont un signe que c’est l’éclate, que c’est trop fun, que vous êtes assis sur le toit du monde et youpi !
De mon point de vue, ça ressemble à de l’auto persuasion, à un flagrant manque d’imagination, à un réflexe pavlovien sans origine précise, retransmis d’abrutis à ahuris comme le témoin d’une profonde débilité transgénérationnelle.
Ou alors il faut me répondre et bien m’expliquer.
Mais il va falloir être convaincant, parce que pour
l’instant sur l’échelle de l’évolution, je vous situe entre du gravier de
litière et une mycose purulente.
Bien à vous les glands.