J’irai volant sans entraves
Comme un potimarron
Rejoignant son destin
En bas dans la cour.
Haïku du VIè sur la gauche après le fleuriste
Je ne sais pas si je vous l’ai déjà dit, mais en philosophie je suis rien moins qu’un fameux caïd.
Un genre de boss de fin de niveaux auquel tous les Spinoza, Kierkegaard, Kant, Marcel Dib et autres grands penseurs eussent adoré confronter leurs théories s’ils avaient eu connaissance du concept de boss de fin de niveau.
Je peux aisément imaginer la scène où Nietzsche raconterait à ses potos au zinc du Longchamp à Champigny Sur Marne :
- Ca y est les aminches, j’ai fini Critique de la
raison pure en mode expert.
J’ai ramé en fin de partie avec le gros Tonton.
Mais j’ai trouvé la parade.
En fait, au début, quand il te lance des bombes à
fragmentation tautologique il faut déployer un bouclier esthétique
transcendantal.
Après quand il essaye de te mettre un coup de sophisme dans la
tronche, tu te baisses et lui assènes une exposition des concepts purs de
l’entendement au niveau des genoux.
Une fois à terre, tu le finis en lui
enfonçant une raison pure dans l’œil.
Attention!! Il faut que sa barre
d’énergie soit à moins de 10% sinon il peut encore contrer avec un
paralogisme.
Mais je m'éloigne un peu trop de mes moutons, revenons-y sans tarder, ni transition.
Hélas, malgré ma modeste stature de phare intellectuel
du monde contemporain, certains mystères me sont encore cachés derrière le
lourd voile noir de l’incompréhension.
Par exemple, alors que je suis plutôt un gars ouvert au
concept de l’inspiration du moment quant à la répartition géométriques des
objets inanimés dans mon espace intime (i.e. je suis légèrement bordélique), je
suis au contraire vachement strict, limite obsessionnel en ce qui concerne mes
baskets.
Pas mes bottes en croco, pas mes espadrilles, pas mes tongs,
ni même mes Stilettos à paillettes quand je fais ma coquine le samedi soir.
Ces pompes là peuvent bien traîner dans l’entrée, dans le
bac à légumes, sur la cuvette des gogues ou même dans le salon du voisin, je
m’en gratte la quatrième lombaire avec une dent de castor.
Par contre, les baskets c’est niet. Le premier amendement de
ma constitution personnelle s’intitule comme suit: «La place
des baskets, c’est dans l’armoire à chaussures. Pas d’arrangement.»
Et nous voici donc devant le mystère évoqué plus haut.
Il ne s’agit pas de savoir pourquoi je range scrupuleusement
mes baskets dans mon armoire à chaussure. Aucune énigme là dedans, je viens de
l’expliquer «C’est comme ça et pis c’est tout!»
Non, le vrai casse-tête qui m’a cassé les neurones en huit,
c’est de savoir pourquoi j’ai rangé cette putain de montre dans ces putains de
baskets.
Tout le week-end que je l’ai cherché cette toquante de mes couilles !